Le ras-le-bol de la presse américaine

6 mars 2017 Par
Laetitia Zicavo
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Face aux mesures liberticides de Donald Trump, la presse américaine a décidé de montrer son désaveux envers le président des Etats-Unis en manifestant dans les rues new-yorkaises dimanche 26 février.

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Les protestataires se sont rassemblés dans la matinée au pied du bâtiment du New York Times, sur la huitième avenue, en soutien à la presse nationale. De là, les manifestants ont rejoint les bureaux de Fox News et du Wall Street Journal puis le siège de le NBC avant de retourner devant celui du Times. Cela fait suite à l’interdiction pour certains journaux d’assister au briefing du vendredi 24 février à la Maison Blanche, notamment le New York Times, le Los Angeles Times ou CNN. Pour montrer leur solidarité face à cette injustice, quelque 250 personnes se sont donc rassemblées. Les pancartes citant le premier amendement de la constitution américaine et les slogans dénonçant les décisions du président ont fleuri parmi la foule amassée au pied du siège du New York Times, près de Times Square. Certains arboraient même de l’adhésif apposé sur leurs bouches pour symboliser le musellement dont est victime la presse.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump s’en prend aux médias. Sur Twitter, le président avait déclaré que la presse était « l’ennemi du peuple américain » [NDR: propos traduits depuis l’anglais]. De plus, il a, à plusieurs reprises, cité des médias comme étant des « fake news ». Ces déclarations participent au climat de méfiance qui s’instaure peu à peu entre les médias et l’administration Trump.

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Déjà le 16 février dernier, Donald Trump avait transformé une conférence de presse en pugilat à l’encontre des médias. Le président avait en effet passé l’essentiel du temps imparti à incriminer les médias locaux, répétant maintes fois à quel point ils étaient malhonnêtes :

Dans un article paru le 19 janvier 2017, Reporters sans Frontières prévoit un bien triste avenir pour la presse américaine. L’organisation explique que même avant son entrée en fonctions, « Trump a menacé de poursuivre les journaux qui publient des récits « volontairement négatifs », prônant une réforme de la loi américaine sur la diffamation » [NDR: propos traduits depuis l’anglais]. Dans le même article, Delphine Halgand, la directrice de Reporters sans Frontières Amérique du Nord, déclare : « nous nous trouvons dans une période effrayante et incertaine concernant la liberté de la presse aux Etats-Unis », avant d’ajouter : « nous faisons appel à Trump pour qu’il cesse ses attaques contre la presse; se concentre sur l’amélioration de la liberté de la presse à travers le monde, et défende les journalistes américains tenus en otage à l’étranger » [NDR: propos traduits depuis l’anglais].

 

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