Décès de Benoîte Groult : mort d’une féministe

23 juin 2016 Par Juliette Monnier | 0 commentaires

Journaliste, féministe profondément engagée dans sa cause, mais aussi romancière à succès, Benoîte Groult s’est éteinte mardi à 23 h, selon informations délivrées par Nice.matin. Avec elle, se tait une certaine idée de l’engagement : retour sur une vie d’exception.

Petite mise au point sur son parcours : Benoîte Groult est née en 1920, enfance aisée mais une sensation d’être rabaissée par son appartenance au « mauvais genre » sans doute, puisque sa mère la considérait ni assez jolie, ni assez intelligente pour réussir, puisque nous le savons pour les femmes c’est l’un ou l’autre … Elle enchaîne des études de Lettres, puis s’en suit 10 ans de journalisme à la Radio Télévision française et dans des magazines comme ELLE ou Marie-Claire pour qui elle travaille. C’est en 1975 avec son roman « Ainsi soit-elle » dans lequel elle traite les conditions imposées aux femmes, qu’elle se révèle et devient emblématique d’un féminisme déjà actif. Sous le mandat de François Mitterand, elle fut choisie pour répondre à des questions concernant les femmes, comme ambassadrice d’une parole de vérité à ce sujet. TV5 Monde  cite une interview télévisée parue le 8 Mars 2010. Elle annonce que son combat s’est imposé à elle puisque elle n’est partie de rien : « Je suis née avec zéro droit ». 

Modeste, et émancipatrice nous souhaitons rappeler ces rêves, comme le souligne Libération dans un article qui lui est dédié, et vous laissez établir votre bilan sur la situation actuelle des femmes en France et dans le monde. Elle souhaitait défendre le droit de mourir dans la dignité (ADMD), voulait être reconnu comme femme et non comme une « citoyenne de seconde zone ». Une anecdote étonne «Dans ma jeunesse, c’était « vagin », le mot interdit. Dans le Larousse, on trouvait pénis, testicules, même bite et couilles. Mais pas vagin. Nos organes, par lesquels passe toute l’humanité, étaient innommables.» En somme elle voudrait une égalité résumée en cette phrase symbolique « une belle vieillarde comme on dit un beau vieillard ». Un combat auquel elle se donna à cœur ouvert tout au long de sa vie mais qui n’est pas sans conséquence « j’ai l’impression d’avoir vécu une interminable course d’obstacles ». 

Alors pour tout ça, peut-être pouvons nous dire : Merci Madame ! 

Visuel : ©Couverture Ainsi soit Benoîte Groult par Catel aux éditions Grasset/ © Benoîte Groult libre de droits (wiki)


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