Le musicien sud-africain Johnny Clegg met fin à sa carrière

5 juillet 2017 Par
Gaspard de Florival
| 0 commentaires

Atteint d’un cancer, l’artiste qui a vendu quelque cinq millions d’albums souhaite vouloir dire adieu à son public tant qu’il en est encore capable.

15875242826_d04543167e_o

Dernier tour de piste pour Johnny Clegg. Après plus de 35 ans de carrière, le musicien entame en Afrique du sud sa dernière tournée mondiale, le Final Journey World Tour (Le dernier voyage). Celle- ci l’emmènera aux quatre coins du globe, de la Grande-Bretagne à Dubaï en passant par le festival Les Escales de Saint Nazaire. Il avait annoncé en avril dernier souffrir d’un cancer et ce depuis 2015. 

Surnommé « le zoulou blanc », Johnny Clegg a sorti 18 albums studio dont la moitié avec son groupe Juluka. En 1983, le groupe obtient la reconnaissance en Grande-Bretagne avec l’album Scatterlings of Africa, savant mélange entre pop et rythmes africains. C’est avec ce style nouveau que Johnny Clegg connaîtra un succès mondial. 

Engagé dans la lutte contre l’Apartheid, il écrit « Asimbonanga » (Nous ne l’avons pas vu) en 1988, un morceau en hommage à Nelson Mandela alors écroué depuis 20 ans. Ce titre renvoie au fait que les photos du grand homme étaient à l’époque interdites à Pretoria. Cette chanson deviendra un hymne d’espérance et de combat pour la communauté noire. Il collabore aussi avec des chanteurs zoulous avec qui il partage sa passion pour les chants et les danses traditionnels à tel point qu’on le surnomme « le chanteur aux pieds nus ». 

C’est à l’âge de sept ans, à son arrivé en Afrique du sud, que Johnny Clegg découvre la culture zoulou mais aussi la suprématie de la minorité blanche dans le pays. Pour sortir de ce carcan,  Il se rend malgré les interdictions de l’Apartheid, dans les résidences de travailleurs noirs de Johannesburg pour apprendre leur culture. Il raconte à nos confrères du Figaro, que plus encore que la lutte politique, c’est davantage les traditions et les coutumes qu’il a découvert la-bas qui l’ont amené à combattre l’Apartheid. «Je n’étais pas motivé politiquement mais culturellement. J’aime la musique et la danse. J’aime la langue».  

C’est avec « Third World Child » en 1988,  le premier album de son second groupe, Savuka, que la France le découvre. Cet album restera quarante-quatre semaines dans le TOP 10. Sacrée performance pour ce style de musique. Les suivants « Shadow Man » et « Cruel Crazy Beautiful world » se hisseront eux-aussi aux premières places des classements français. 

A 64 ans et même si son cancer est en rémission, Johnny Clegg a donc décidé de quitter la scène, son cocon, là où il prenait le plus de plaisir.  Ces concerts lui demandant une énergie décuplée, le musicien dit vouloir conclure sur une bonne note pour son public «Mes spectacles sont très physiques, avec beaucoup de danses, et exigent que je sois fort, explique-t-il. Alors je voudrais faire mes adieux tant que j’en suis encore capable.» Néanmoins, il entend continuer à composer de la musique. Cela n’aura malgré tout pas la même saveur que lorsqu’il l’interprétait sur scène. 

visuel: © miKe