Antoine de Galbert ferme la Maison Rouge

18 janvier 2017 Par
Quitterie Puel
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« J’ai toujours envie d’inventer, de provoquer, de sauter du coq à l’âne » déclarait Antoine de Galbert au magazine La Croix en juin 2010. En annonçant la fermeture de la célèbre Maison Rouge pour fin 2018, le directeur de l’institution fait honneur à ses propos tant cette décision est inattendue et surprend le monde de l’art contemporain.

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La Maison Rouge est une institution qui, depuis sa création en 2004,  a indiscutablement marqué le monde de l’art contemporain avec des expositions originales comme Fatum ( 2016) ou  Le mur en 2014. Installée dans une usine de lithographies près de la Bastille, cette institution atypique a pour vocation de représenter toutes les formes de la création actuelle. Ici, l’art contemporain dialogue avec l’art brut et les arts premiers, une fois par an la maison présente des collections privées et des expositions thématiques souvent décalées. Antoine de Galbert a toujours milité pour le décloisonnement de l’art en général et c’est en ce sens que la Maison Rouge apparaît comme la suite logique et l’aboutissement de sa carrière ( qu’il a débuté comme gestionnaire d’entreprise). Avec plus de 100 000 visiteurs par an et de nombreuses expositions à succès, la notoriété de cette institution est connue et reconnue ce qui explique que l’annonce de sa fermeture chamboule actuellement le monde de l’art contemporain.
Antoine de Galbert revient via un communiqué de presse paru le lundi 17 janvier sur les raisons qui ont motivé sa décision. «  La maison n’est ni un service public ni une institution » en effet, elle est bien subventionnée par une institution d’utilité publique à savoir, la sienne. Le directeur se dresse contre toutes les conclusions précipitées ou abusives : la fermeture de la maison ne signe pas l’arrêt de l’activité de la fondation mais marque uniquement le début d’une nouvelle orientation de la part de cette dernière. Cette déclaration fait suite à ce qu’il déjà dit au Monde la semaine dernière.
Mais alors s’il n’est « ni ruiné, ni malade » et si la fondation poursuit son chemin, pourquoi donc fermer la Maison Rouge? Le directeur a déclaré que « l’absence de pérennité à long terme de la maison, la sensation que je ne pourrai pas faire mieux dans les années à venir et le risque de « m’installer » expliquent en grande partie ma décision ». C’est donc cette sorte de plénitude face au devoir accompli qui explique son choix que de nombreux spécialistes considèrent comme déchirant. Le collectionneur précise bien que la maison n’avait pas vocation  d’être éternelle. Sa fermeture, alors qu’elle est au sommet est préférable à une fermeture contrainte ou forcée. Cette décision n’est finalement pas si surprenante de la part d’une personne iconoclaste comme Antoine de Galbert. Il a toujours revendiqué son libre arbitre ainsi que la versatilité de ses choix , dans ce communiqué il déclare même que la maison est « libre d’ouvrir, libre de fermer ».
Dans une interview donnée à la Croix en 2010, il reconnaissait le travail magnifique réalisé par le personnel de l’institution «  ce sont eux qui la font » rappelle t’il. Ses attentions sont aussi adressées aux Amis de la Maison Rouge ainsi qu’à la Presse dont il reconnait l’importance au niveau de la reconnaissance du lieu à l’international notamment.
La maison va donc ponctuer cette ascension flamboyante par six expositions très prometteuses d’ici la fin 2018. Notons que la dernière s’intitulera « l’Envol », cette fermeture est peut être finalement qu’une impulsion vers quelque chose de nouveau.