Iran : le cinéaste Keywan Karimi condamné à un an de prison et 223 coups de fouet

24 février 2016 Par Aurélie David | 0 commentaires

Mardi 23 février, Keywan Karimi a été condamné en appel à un an de prison et à 223 coups de fouet. Le réalisateur iranien est accusé d’ « insulte envers le sacré » et de « propagande » contre le gouvernement. 

 

Quasiment inexistante, la liberté d’expression a été une fois de plus bafouée en Iran mardi 23 février avec la condamnation du cinéaste Keywan Karimi. Celui-ci est accusé d’ « insulte envers le sacré » pour une scène de baiser qu’il nie avoir filmé ainsi que de « propagande » à l’encontre du gouvernement iranien. Une peine de six ans de prison et de 223 coups de fouet prononcée en octobre 2015 a été allégée hier par la Cour d’appel de Téhéran en un an de prison, mais toujours accompagnée des coups de fouet et d’une amende de vingt millions de rials, soit environ 600 euros. Il y a quelques mois, une campagne internationale de soutien demandant l’acquittement de Keywan Karimi avait été initiée par des réalisateurs européens et iraniens, mais sans grand succès.

Ce jeune réalisateur iranien (30 ans), d’origine kurde, est diplômé en communication de la Faculté des sciences sociales à Téhéran. Il débute sa carrière avec de premiers courts-métrages qui prennent la forme de mini-documentaires comme Anti Earthquake Conex, Man and Bucket, The Children of Depth ou Act. En 2012, il réalise également Broken Border, un autre court-métrage documentaire sur le trafic d’essence qui sévit à la frontière entre le Kurdistan iranien et l’Irak. La même année, c’est son film Writing on the City montrant les graffitis des murs de Téhéran entre 1979 et 2009 qui est à l’origine de sa récente condamnation. En septembre 2013, la bande-annonce de ce film, seulement diffusée sur YouTube, a suffi pour que Keywan Karimi soit accusé d’ « insulte » envers le régime iranien.

Cette affaire n’est pas sans rappeler celle d’un autre réalisateur iranien, dont la liberté de s’exprimer est encore aujourd’hui mise à mal. En décembre 2010, Jafar Panahi, 55 ans, a été condamné à six ans de prison, à une interdiction de faire des films et à ne pas quitter le pays pendant vingt ans, une peine confirmée en appel en octobre 2011. Jafar Panahi a réalisé, entres autres, Le Ballon blanc (Caméra d’or à Cannes 1995), Le Miroir (Léopard d’or à Locarno 1997), Le Cercle (Lion d’or à Venise 2000), Sang et Or (Prix du Jury à Cannes 2003), Hors Jeu (Ours d’argent à Berlin 2006) ou dernièrement Taxi Téhéran (Ours d’or à Berlin 2015). Si Jafar Panahi contourne sa condamnation en continuant à travailler, Keywan Karimi, lui, a décidé d’effectuer sa peine et de ne pas quitter le pays.

Visuels : ©CC BY-SA 4.0 et Clip officiel.


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