Eminem fête ses 10 ans de lutte contre son addiction aux médicaments

24 avril 2018 Par
Aurore Garot
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« j’ai fêté mes 10 ans hier » a posté, sur les réseaux sociaux, Marshall B. Mathers alias Eminem. Sur sa photo, le rappeur américain brandit un badge des Alcooliques Anonymes, symbole de la lutte qu’il a mené pendant dix ans contre sa toxicomanie médicamenteuse. 

La descente aux enfers

En 2007, Eminem fait une overdose de méthadone et est transporté à l’hôpital. « Les médecins m’ont dit que j’avais avalé l’équivalent de quatre sacs d’héroïne. A deux heures près, j’étais mort » explique-t-il dans un documentaire produit par Netflix How to make money selling drugs (2013).

C’est l’élément déclencheur qui le pousse à commencer une cure de désintoxication en 2008. Aujourd’hui, en 2018, le rappeur de Detroit brandit non sans fierté, un badge donné habituellement aux Alcooliques Anonymes, sur lequel est inscrit le chiffre romain « X » symbole de sa lutte longue de dix ans. Accro au Valium (anxiolytique) et à la Vicodin (analgésique), Eminem avait confié lors d’une interview pour le magazine Rolling Stone en 2011, qu’il avalait entre 40 et 60 pilules du premier médicament et 20 à 30 du deuxième…Par jour. « Je n’en prenais même plus pour me défoncer. J’en prenais pour me sentir normal » expliquait-il. S’ajoutait à sa consommation excessive de médicaments, une prise de poids importante : 104 kg s’affichait sur la balance, pour un peu plus d’1m70. Un surpoids dû à ses troubles de l’estomac causés par les pilules : « pour éviter les maux de ventre, je mangeais tout le temps ». En luttant contre son addiction aux drogues, Eminem en trouve une nouvelle plus seine : le sport. Dans une interview pour Men’s Journal en 2015, le rappeur explique qu’il était « « défoncé » naturellement avec l’endorphine et ça [l]’aidait à dormir, donc c’était parfait ».

Le sujet de l’addiction dans son dernier album « Revival »

Après quatre ans d’absence sur la scène du rap, Eminem est revenu en décembre 2017 avec un nouvel album, « Revival ». Les titres « Castle » et « Arose » font implicitement référence à sa dépendance. Le premier morceau revient sur trois lettres qu’il a écrit à sa fille Hailie, dont une , la dernière, composée lorsqu’il a frôlé la mort en décembre 2007: « si vous écoutez « Castle » jusqu’au bout, vous m’entendez prendre des pilules et tomber. C’était la reconstitution de ma chute dans la salle de bain ». Dans « Arose », dernier titre de l’album, ce n’est plus lui que nous entendons tomber, mais ses pilules, jetées au fond des toilettes, marque de sa nouvelle sobriété.

« Castle » – Revival (2017)

« Arose » – Revival (2017)