[Edito] Les règles des femmes : du sang, du non dit et des larmes

8 mars 2016 Par Yaël | 0 commentaires

8 mars 2016. Une autre « Journée de la femme ».

Toujours aussi circonspecte sur le fait d’allouer un seul jour au « genre » féminin, la rédaction n’en poursuit pas moins son travail d’enquête infinie sur la place des femmes dans la culture et nos sociétés.

Cette année, nous prenons le taureau par les cornes et interrogent un sujet « tabou » : les règles. A la fois stigmate et rite de passage, les menstruations instaurent du cyclique dans notre temps linéaire et révèlent de solides archaïsmes quand il s’agit de prendre en compte et de soulager la douleur des femmes.

Côté médecine, la technique est de pointe et pourtant la société et parfois la science considère toujours qu’il est « normal » d’avoir mal pendant les règles. Aux états-unis, la classification médicale en syndrome prémenstruel banalise la croyance que les femmes sont de mauvais poil avant les règles et c’est normal. Pourquoi occulter que la douleur est souvent une sonnette d’alarme, pour signaler carences ou Endométriose par exemple?

Alors que sur les planches, le stand Côté littérature et cinéma, c’est le rite de passage qui est suggéré. Le tabou se lève discrètement et peut prendre toutes les teintes de la nostalgie tendre à l’horreur de Carrie saignant sous la douche. Les images sont fortes et semblent pointer encore et toujours vers un stigmate que les femmes subiraient.

Alors qu’en mode, on sensualise la douleur, c’est en peinture et en musique que les femmes semblent parler le plus librement de ce sang menstruel qui horrifie une civilisation marquée par les interdits et les impuretés du Lévitique. Marianne Rosensthiel ou Joanna Vasconcelos mais aussi Margaux Motin ont transmué le tampon en cachet et le sang en signature publique, ouvrant un vrai débat sur un cycle féminin qu’on préférait cacher comme le sein du Tartuffe de Molière. Et quand des figures aussi hautes en couleurs et aussi différentes que Dolly Parton, Janet Jackson, PJ Harvey, Lily Allen et Stromae parlent de règles, on se met soudain à réfléchir pour refuser un blues trop souvent admis. Pour la Playlist, c’est ici!

Enfin, tandis que les femmes se saisissent d’un sujet antique en maîtrisant mieux leur corps, pour la première fois, il semble que l’intimité de leur sang arrive dans l’arène politique, à travers des revendications de politique publique qui font couler beaucoup d’encre pour un sang très ancien.

Parler enfin des règles des femmes, interroger comment la culture se saisit d’une objet tellement présent et tellement tu, c’est la manière dont la rédaction a décidé cette année de rendre hommage aux femmes et à tous ceux qui les admirent, les soutiennent et les aiment.

Bonne Lecture!

visuel : Joanna Vasconcelos « The Bride »- 104 Paris courtesy galerie Nathalie Obadia.


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