Andrei Makine, le nouvel immortel de l’académie française

4 mars 2016 Par Coline Renault | 0 commentaires

L’écrivain Andrei Makine, épris de la langue française depuis ses premières années dans sa Sibérie natale, a été élu hier soir à l’académie française avec 15 voix sur 26. Face à sept autres adversaires, il décroche ainsi le 5 ème siège, libre depuis le décès d’Assia Djebar en février 2015.

 Une consécration forte en symboles pour l’auteur franco-russe dont l’intégration dans la France littéraire qu’il affectionne tant a relevé du parcours du combattant. Arrivé la trentaine entamée au pays de la langue de molière prompt à s’amouracher du mythe français, il se heurte à une autre facette de la réalité. Francophone autant que francophile, la nationalité lui est refusée une première fois en 1991. Pour faire publier ses deux premiers romans, pourtant écrits directement en français  » sans accent » selon ses propres mots, il doit faire appel à un traducteur imaginaire et prétendre que les récits sont issus de la langue russe.

   L’histoire qui finalement lui permet d’accéder au succès, c’est la sienne : le récit d’un amour pour la France, sa langue, sa culture et sa littérature né pendant une enfance en Sibérie, alors que sa grand-mère Charlotte l’imprègne des souvenirs de sa jeunesse à Paris. Le Testament Français ( 1995) reçoit la même année le prix Goncourt, le prix Goncourt des lycéens et le Prix médicis; une triple récompense particulièrement rare. Viennent alors plus de seize romans, parfois écrits sous un pseudonyme, Gabriel Osmonde. Puis la médaille de la Francophonie en 2000, en 2005 le prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco pour l’ensemble de son oeuvre et enfin, en 2014, le prix Mondial de la Fondation Simone et Cino del Duca-Institut de France: les récompenses s’enchaînent pour l’auteur qui défend une langue française rigoureuse, sans verlan ni simplification grammaticale, jusqu’à la consécration: l’académie française. S’il lui faudra attendre l’an prochain pour revêtir officiellement la toge verte, Andreï Makine sera bientôt reçu à l’Elysée: désormais, il est un immortel.

Visu : L’académie Française, à Paris, photographiée par ©Guillaume Armentier


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