Dernières heures de saisie des voeux pour les terminales : « C’est super stressant »

12 mars 2018 Par
Lili Nyssen
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Sur la nouvelle plateforme Parcoursup, qui remplace depuis cette année Admission Post Bac, les élèves de terminale ont jusqu’à demain 18h pour saisir leurs vœux d’orientation. Ce dispositif, testé pour la première fois, accroît de fait la sélectivité à l’entrée des universités. 

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Les élèves de terminale saisissent leurs derniers vœux. Parmi les nouvelles consignes relatives à la nouvelle plateforme, l’obligation de rédiger une lettre de motivation et parfois un CV dans la totalité des formations, y compris dans les licences qui étaient auparavant non sélectives. En effet, la nouvelle plateforme s’accompagne d’une sélection à l’entrée de toutes les licences, alors que les acceptations résultaient l’an dernier d’un tirage au sort quand il y avait plus de demandes que de places. (ndlr : la plateforme des dernières années en ligne s’appelait APB, l’algorithme était différent, le processus de sélection également).

La réforme de l’accès à l’enseignement supérieur avait suscité plusieurs contestations et manifestations lycéennes et étudiantes lors de son lancement. Ce nouvel algorithme, qui viserait à réduire le taux d’échec à l’université, serait selon certains syndicats étudiants comme l’Unef une « sélection déguisée » (cité par l’Echo). Car la réduction de taux d’échec coïncidera avec l’évincement des élèves considérés comme vulnérables à l’échec de par un dossier scolaire fragile, des notes insuffisantes ou des mauvaises appréciations. C’est la conséquence inéluctable de l’examination individuelle des dossiers. Certaines universités envisagent d’ailleurs le boycott de ce nouveau système, c’est-à-dire de ne pas pratiquer l’examen individuel des dossiers, système qui reproduit « les injustices d’APB en les aggravant », selon l’intersyndicale composée notamment de la CGT, la FO, la FSU et l’Unef. Elle affirme notamment que l’objectif de ce système est de « tenter de justifier l’exclusion d’une partie des bacheliers »  (cité par VNI).

Valérie Robert, maître de conférence à l’université de la Sorbonne nouvelle, résume ce phénomène avec ses mots : « maintenant, c’est marche ou crève dés le lycée ». Elle affirme que l’accès sans sélection à certaines licences permettait notamment « à des ados ayant obtenu leur bac ric rac de se réveiller-révéler » (citée par Le Monde).

De manière plus pragmatique, la nouvelle plateforme se révèle compliquée d’utilisation. Sur internet, les conseils journalistiques et de divers conseillers d’orientation fleurissent face au désarroi des élèves et des parents. Selon Lorette, lycéenne en Terminale ES dans un lycée du centre de Paris, qui postule dans les écoles d’animation mais aussi en licence d’arts et cinéma, la plateforme est « super mal faite, on ne comprend rien ». Elle raconte : « Hier, j’ai appelé à leur numéro pour essayer de comprendre. J’ai appelé plein de fois et je n’ai eu aucune réponse, c’était toujours occupé, et la plateforme ferme demain ». Elle ajoute « hier j’étais déprimée devant le site, c’est super stressant ».

Visuel : Pixabay, image gratuite