Le décès du photographe David Douglas Duncan à l’âge de 102 ans : retour sur la carrière d’un maître

11 juin 2018 Par
Lucile Brusset
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Le photographe David Douglas Duncan, grand ami de Picasso connu pour ses reportages de guerre, s’est éteint jeudi à 102 ans. Retour sur une carrière autant fulgurante que mouvementée. 

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Né dans le Kansas en 1916, David Douglas Duncan entame des études d’archéologie avant de retourner à son premier amour : la photographie. Sur l’un de ses premiers clichés, le célèbre bandit John Dillinger fuyant un hôtel en flammes à Tucson. Suivront Picasso, Nixon, Cartier-Bresson ou encore Martin Gray mais aussi de nombreux inconnus, saisis sur le vif par le photographe lors de ses reportages de guerre.

C’est lors de son engagement en 1942 dans l’armée américaine que le jeune David lance sa carrière. Photographiant des centaines de soldats livrés à leur sort, David Douglas Duncan donne un visage à la guerre, guidé par le désir de “montrer un peu ce qu’un homme doit subir quand son pays décide d’entrer en guerre”, comme il l’explique en 1951 dans la préface de This is war !, ouvrage compilant l’ensemble de ses clichés saisis lors de la deuxième guerre mondiale. 

De retour à la vie civile, il se fait embaucher par le magazine Life pour lequel il couvrira plusieurs conflits armés. Parmi ceux-ci, le conflit coréen et la guerre du Vietnam, dont sortiront deux ouvrages, I Protest ! (1968) et War Without Heroes (1970). En ligne de mire, le gouvernement américain, dont il fustige la mauvaise gestion de la guerre et la folie belliqueuse. 

Outre ses reportages de guerre, David Douglas Duncan sut photographier les grands de son époque dans leur intimité, tel Picasso, qu’il rencontra en 1956 dans sa villa de Cannes et dont il devint l’ami et le photographe attitré. Capturant des milliers de clichés du peintre, David Douglas Duncan offrit de rares images du peintre au travail ou dans ses moments de détente, telle cette photographie improbable du maître dans son bain, évoquant lui-même, toujours un peu béat, cette incroyable amitié entre le célèbre Pablo et lui, fils d’américain moyen, né au Kansas et ne sachant rien du peintre jusqu’à leur rencontre cannoise.

Que ce soit dans les bourbiers coréens, les ateliers d’artistes ou les bureaux présidentiels, David Douglas Duncan aura réussi, par son œil, à capturer l’essence de son siècle, toujours au plus intime de l’événement. 

Visuel : ©USMilitaryDepartmentofdefense