Al Hoceïma: un appel à une grève générale largement suivi

2 juin 2017 Par
Donia Ismail
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Ces derniers mois, la tension est à son maximum dans cette ville du Nord du Maroc. L’arrestation de Nasser Zefzafi lundi 29 mai, leader de la contestation dans le Rif a mis de l‘huile sur le feu.

Le centre-ville d’Al Hoceima n’a jamais été aussi désert. Ce jeudi après-midi, un appel à une grève générale a été relayé par le numéro deux du mouvement «hirak» (mouvance, mouvement qui anime la contestation du Rif depuis plus de six mois), Najib Ahmajik, actuellement en fuite.
La région du Rif est en effervescence. Chaque soir, après la coupure du jeûne du ramandan, les habitants affluent dans les principales artères de la ville d’Al Hoceïma. Hier, ils étaient plus de 2000 à montrer leur mécontentement suite à l’arrestation du leader de la contestation populaire du nord du Maroc, Nasser Zefzafi. Interpellé par les forces de l’ordre marocaine lundi matin, il avait suscité la colère du gouvernement en interrompant le prêche d’un imam dans la mosquée Mohammed VI. Il avait alors harangué: « Est-ce que les mosquées sont faites pour Dieu ou le makhzen [pouvoir, NDLR] ? ».

Depuis vendredi dernier, la ville vit au rythme des heurts entre forces de l’ordres et manifestants. Plus d’une quarantaine d’hommes, issus du noyau dur du « hirak », ont été arrêté en début de semaine. Une vingtaine d’entre eux ont comparu devant le tribunal ce mardi pour « outrage aux agents des forces de l’ordre et usage de violence ». Leur procès a été immédiatement reporté au 6 juin, à la demande de leurs avocats.

Le retour du printemps arabe?

Si les manifestations semblent se multiplier ces derniers jours à une vitesse grand V, le mouvement de contestation dans le Rif -région marginalisée- porté par le leader Nasser Zefzafi n’en est pas à sa première action.

En octobre dernier, la mort de Mouhcine Fikri, vendeur de poisson broyé par une benne à ordures, avait mis les feux aux poudres suscitant un air de déjà-vu au sein du monde arabe – la révolution tunisienne de 2011 avait débuté de la même façon avec la mort de Mohamed Bouazizi. Un large mouvement de contestation pacifique s’est alors créé dans cette région marocaine montagneuse mais aussi dans plusieurs grandes villes telles que Casablanca ou encore Rabat, une première pour le Maroc depuis les années 1990. Sept mois plus tard, la tension est toujours à son comble et les manifestants ne sont pas prêts de s’arrêter sans réelles améliorations. Tous réclament la mise en place d’une politique réelle dans cette région où le chômage atteint des sommets:« Cela fait six mois que nous résistons […] et nous résisterons jusqu’à ce qu’il [l’État] réponde à nos revendications sur le développement économique et social de notre région », affirme le leader du mouvement à l’AFP.
Le gouvernement marocain, à demi-mot, à tenter d’apaiser les tentions en proposant plusieurs projets pour désenclaver cette région, en vain.

En 2011, alors que les révolutions arabes avaient secoué l’Afrique du Nord, le royaume du Maroc, attaché à son roi Mohammed VI, avait était épargné. Le printemps arabe serait-il en passe de faire un retour fracassant?


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