L’enfant d’en haut, coup de cœur pour le film d’Ursula Meier

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L’enfant d’en haut, coup de cœur pour le film d’Ursula Meier

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Après Home en 2008, Ursula Meier présente cette année à Berlin un très beau film sur un enfant des montagnes en mal d’affection : coup de cœur !

Simon, 12 ans, vit avec sa grande sœur Louise (Léa Seydoux, toujours excellente) dans un gourbi. Seulement, Louise n’est pratiquement jamais là, toujours entre deux amoureux, entre deux déceptions. C’est Simon qui rapporte de l’argent à la maison, avec un sens de la débrouillardise bien affirmé : sur les pistes de la petite station chic d’en haut, il vole tout ce qui lui semble intéressant, des skis neufs jusqu’aux lunettes 100% protection UV. Simon connaît les marques, il a le sens des affaires, il a son petit réseau de skieurs intéressés par du bon matos… Pourquoi vole-t-il ? Comme l’Antoine Doisnel de Truffaut, comme Le Petit criminel de Jacques Doillon, tout simplement pour obtenir un peu d’affection de la part de Louise, qui le repousse le plus souvent. Endurci, vaillant, le regard fier et tendre par instants, Simon se lance tout entier dans cette activité délictueuse qui, seule, lui donne le sentiment d’exister. Petit caïd, il ne se laisse pas impressionner par les riches touristes qui peuplent la station le temps de quelques courtes semaines. Un jour, pourtant, il est attiré par une très belle touriste, mère de deux jeunes enfants. Lui parler, sympathiser, faire comme s’il avait, lui aussi, de riches parents prêts à lui payer du matériel et des cours de ski, rien de plus facile. Ursula Meier filme avec acuité la douleur de cet enfant (Kacey Mottet Klein, absolument formidable !) monté en télécabine voler les touristes parce qu’on ne veut pas de lui, ni en bas, ni en haut, ni nulle part (on préfère le titre français, plus énigmatique, au titre anglais, Sister). La vie de la station, en saison et hors saison, est merveilleusement restituée. Simon lit des revues de ski, sait comment les farter, mais jamais on ne le voit descendre les pistes avec aisance : enfant caché, presque sans famille, son amour pour Louise est, pour l’instant, son seul moteur. Dans cette neige qui efface autant qu’elle révèle, il se met en quête, inlassablement, prosaïquement, volant des gants, des casques, des skis, pour combler un vide béant, tout blanc aussi.

Une scène du film nous montre un Jean-François Stévenin vociférant après Simon, qu’il a surpris dans les toilettes, en train de cacher sa marchandise volée : « Je fais caca ! » proteste effrontément Simon. Retirant de la cuvette un petit ours en peluche, Stévenin lui lance « Tu chies des ours, maintenant ? ». On en souhaite autant à Ursula Meier pour ce très beau film !

L’enfant d’en haut, de Ursula Meier, Suisse/France, 97 minutes, avec Léa Seydoux, Kacey Mottet Klein, Martin Compston, Gillian Anderson, Yann Tregouet, Johan Libereau, Gabin Lefèvre, Jean-François Stévenin. En compétition.

 

Photo : Léa Seydoux, Ursula Meier et Kacey Mottet Klein à la conférence de presse de la Berlinale (12.02.2012)



le 13 février 2012 Par Olivia Leboyer - categories : Cinéma, Festival de Berlin 2012 - vu 2,158 fois

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5 commentaires sur cet article.

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[...] En conférence de presse, la réalisatrice Ursula Meier a surtout évoqué combien après son premier film horizontal « nn » , ce nouvel opus était vertical. Elle a bien sûr répondu aux questions d’ordre social, à savoir si oui ou non la Suisse connaissait aussi ses cas de misère noire, mais elle a de loin préféré théoriser sur le rôle de la fiction et de l’imaginaire dans son œuvre. Souriante et en T-Shirt rose la rajeunissant en encore, le rôle féminin du film, Léa Seydoux est restée discrète et attentive. Interrogé sur sa belle performance, le jeune Kacey Mottet Klein a récité un petit texte charmant sur ses impressions de tournage.Pour voir notre critique de « L’enfant d’en haut », c’est ici. [...]

[...] pudique, sans pathos, et dont l’héroïne est véritablement attachante. Un choc également avec L’enfant d’en haut d’Ursula Meier (dont le prénom évoque déjà l’ours !), film infiniment sensible sur l’enfance grandie trop [...]

[...] de la 62eme Berlinale. Il a assez vite annonce  qu’un film excellent avait posé un dilemme: « L’Enfant d’en haut » était tellement original que les jurés ont décidé de lui donner un prix spécial : le special [...]

[...] ! De très loin, L’enfant d’en haut était le film le plus marquant de la Berlinale (voir notre critique). TLC a rencontré Ursula Meier, pour une conversation libre et [...]

[...] L’Enfant d’en haut Drame – France Simon, 12 ans, emprunte l’hiver venu la petite télécabine qui relie la plaine industrielle où il vit seul avec sa sœur Louise, à l’opulente station de ski qui la surplombe. Là-haut, il vole les skis et l’équipement des riches touristes qu’il revend ensuite aux enfants de son immeuble pour en tirer de petits mais réguliers bénéfices. Louise, qui vient de perdre son travail, profite des trafics de Simon qui prennent de l’ampleur et devient de plus en plus dépendante de lui… (notre interview à la réalisatrice) [...]

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