Le philosophe Pierre Hadot est mort
le 26 avril 2010 Par yael - categories : Agenda, Politique culturelle - vu 1,226 fois
L’ancien professeur au Collège de France et spécialiste du néoplatonisme s’est éteint hier à l’âge de 88 ans. La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pecresse a rendu hommage dans un communiqué de presse à Pierre Hadot.
Pierre Hadot envisageait la philsophie comme un certain regard étonné sur le monde qui conduit à une certaine manière de vivre, passant par des « exercices spirituels » ( terme souvent lié aux pratiques méditatives des jésuites mais qui, sous la plume de Pierre Hadot, sont un travail sur soi par la philosophie, jusqu’à changer son intériorité de sujet). Il s’était confié sur cette manière de vivre au philosophe de l’Université de Chicago Arnold I. Davidon (« La Philosophie comme manière de vivre », Albin Michel, 2002).
Né en 1922 à Reims, Pierre Hadot a étudié à la fois la philosophie et la théologie et est entré au séminaire pour devenir prêtre. Si Pierre Hadot a quitté cette voie dans les années 1950, il en a gardé le désir de ne pas séparer raison et spiritualité, partageant dans cette attention les efforts d’autres grands philsophes du XXe siècle comme Leo Strauss et Rémi Brague. Hadot se spécialise dans la philosophie Antique, écrit sa thèse sur Porphyre et Victorinus, travaille sur Plotin, Epictète, et Marc-Aurèle, devient Directeur
d’études à l’École Pratique des Hautes Etudes de 1964 à 1986, et fait dans sa leçon inaugurale au Collège de France en 1983 un « Eloge de la philosophie antique ». Hadot a également travaillé sur Wittgenstein (« Wittgenstein et les limites du langage », Vrin).
Hier, Valérie Pecresse a salué « la mémoire d’une grande figure de la philosophie française, qui sut avec bonheur faire redécouvrir à un large public le sens profond de la sagesse antique envisagée comme manière de vivre ».
Pour en savoir plus sur Pierre Hadot, vous pouvez visiter sa page sur le site du Collège de France (dont il est resté professeur honoraire jusqu’à sa mort), ou consulter les riches archives de l’ENS, où vous trouverez les enregistrements d’une journée d’étude qui lui a été consacrée en juin 2007. Et commencer à le lire par ses « Etudes de Philosphie ancienne » (Les Belles Lettres).




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